Table Of ContentED 138 : Ecole doctorale Lettres, langues,
spectacles
EA 1586 - Centre des Sciences de la Littérature Française
Mathilde POIZAT-AMAR
L’Eclat du voyage : Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert
Londres
Thèse présentée et soutenue publiquement le 6 novembre 2015
en vue de l’obtention du doctorat de Langue et littérature française
de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et de l’Université du
Kent (GB)
sous la direction de Mme Myriam Boucharenc, M. Peter Read, M. Thomas Baldwin
Jury :
Professeur, Univer-
Président : Mr Forsdick Charles
sity of Liverpool
Docteure, University
Rapportrice : Mme Lucy O’Meara
of Kent
Professeur, Univer-
Examinateur: Mr Claude Leroy
sité de Nanterre
Mme Myriam Boucha- Professeur, Univer-
Examinatrice :
renc sité de Nanterre
Professeur, Univer-
Examinateur: Mr Peter Read
sity of Kent
1
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Table des matières
Remerciements 07
Résumé 08
INTRODUCTION 10
1. Eclatement de la figure du voyageur 12
2. Le voyage comme expérience de l’éclatement 20
2.1 Origine et destination 20
2.2 Voyage et exil 21
2.3 Réel et imagination 23
3. Hypothèses 25
3.1 La littérature de voyage, une littérature mineure ? 28
3.2 La littérature de voyage au cœur d’une crise des genres 30
4. Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres 32
PREMIERE PARTIE. BLAISE CENDRARS : VERS LA PROFONDEUR 40
Chapitre I. Voyage et cosmogonie moderne 44
1. Le paradoxe du voyage : liaison et fragmentation du monde 44
1.1 (Dé) Liaisons 44
1.2 Percées 51
2. La tentation d’une cosmogonie moderne 57
2.1 Fractures originelles 57
2.2 Faire sauter le monde 60
2.3 Ré-ensemencer le monde 68
Chapitre II. Où va l’écriture ? 77
1. Arrachement de l’écriture 77
1.1 Trajectoire de Cendrars 77
1.2 Eclatement de l’écriture 80
2. Dérive de l’écriture 86
2.1 Métissage 87
2.2 Trajectoire de l’écriture : le cercle, la roue 89
3
Chapitre III. Voyage en profondeur : écriture du chaos et monde fractal 96
1. Vers l’origine 96
1.1 Partir en vrille 96
1.2 De l’ordre derrière le désordre : écriture et chaos 100
1.3 L’effet papillon 106
2. Anarchitectures cendrarsiennes 109
2.1 Une scène double 109
2.2 De l’autre côté du miroir 112
2.3 D’un monde fragmenté à un monde fractal : éclat du voyage 116
SECONDE PARTIE. VICTOR SEGALEN, VERS L’IMPOSSIBLE 122
Chapitre I. De l’émergence du voyage 125
1. Voyage et déchirure 125
2. Voyage et désir 135
3. Voyage et distance 139
Chapitre II. Voyage et diffraction 149
1. Voyage et diffraction du paysage 149
2. Voyage et diffraction de l’écriture 158
Chapitre III. L’impossible voyage 169
1. Voyage, absence et interdit 169
2. Sortir du voyage ? 171
TROISIEME PARTIE. ALBERT LONDRES, L’ECHAPPEE DU VOYAGE 177
Chapitre I. De l’évidence au dérisoire 180
1. Le grand voyageur en question 180
2. Le dérisoire du voyage 184
3. L’ironie comme voyage textuel 189
Chapitre II. Résistance au voyage, résistance du voyage 198
1. Distinctions : passagers, exilés 198
4
2. Résistance au voyage : Londres, les marins, les pêcheurs 202
2.1 Voyage et regard 203
2.2 Voyage et vitesse 208
3. Résistance du voyage 210
CONCLUSION 218
1. Points de contact 221
2. Héritages 222
2.1 La lenteur en héritage 222
2.2 Eclatement des formes de l’écriture du voyage 224
2.3 Un héritage à affermir ? 226
3. Eclat du voyage 229
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE 232
5
6
Remerciements
Mes remerciements s’adressent d’abord à mes directeurs de recherche, pour leur
bienveillance et leur disponibilité :
A Peter Read pour son soutien indéfectible, ses relectures et ses éclairages. Merci également
de m’avoir rappelé en temps utiles que la ligne d’horizon de la thèse possède sur celle du
voyageur cet avantage : plus on s’en approche, plus on s’en approche.
A Tom Baldwin, pour ses relectures minutieuses, ses batailles menées de front avec mes notes
de bas de page, et ses éclairages théoriques. Pour avoir été là, et pour le reste, merci Tom.
A Myriam Boucharenc pour ses relectures, ses encouragements et ses conseils avisés, et pour
m’avoir généreusement ouvert la porte de Paris Ouest-Nanterre.
Mes remerciements vont également à la School of European Culture and Languages ainsi qu’
aux membres du département de français de l’Université du Kent, pour m’avoir adoptée dès
mon arrivée et pour m’avoir toujours, tous les jours, soutenue dans mes projets de recherche,
A l’Université Paris Ouest-Nanterre, l’école doctorale Lettres, Langues Spectacle, et l’ENS
Ulm pour avoir rendu le projet de cotutelle possible,
A l’association Victor Segalen, et plus particulièrement à Philippe Postel et à Marie Dollé,
pour m’avoir accueillie à bras ouverts.
De près ou de loin, ils ont contribué à ce travail : Marie bien sûr, mais aussi Jordane, Léo,
Leticia, Gonzalo, John, Anaïs, Julie, Claire, Dominique, Caoilte, Sam, Carméline et Séraphin.
Merci de votre soutien.
Merci enfin à mes parents, mes grands-parents, à Coline et Théo, pour tout.
Résumé
La thèse explore les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert
Londres sous l’angle de « l’éclat du voyage » et se propose d’analyser les effets produits par
la présence du voyage sur un plan diégétique, métadiégétique et stylistique. Chez ces trois
auteurs, la notion de voyage dépasse en effet sa vocation thématique pour se faire véritable
matière à travailler le langage, le texte et atteindre la sphère de la littérarité en exerçant sur le
texte une menace d’éclatement. Le texte affecté par le voyage, loin d’être mis en péril,
s’inscrit ainsi dans une modernité littéraire : en prenant le risque, par le détour du voyage,
d’une écriture déformant, re-formant, re-définissant la littérature, les trois œuvres examinées
illuminent quelques chemins de traverse dans lesquels s’engagent œuvres et critiques
contemporaines.
Cette étude interroge les premiers écrits de Cendrars (1912-1938) en explorant par
quelles voies la présence conjointe du motif du voyage et de l’éclatement conduit à la
création d’une représentation fractale du monde. La mise en évidence de trajectoires
chaotiques des personnages cendrarsiens au cœur d’un monde ontologiquement fracturé
permet l’édification textuelle d’une « anarchitecture » poétique et moderne. L’examen du
cycle polynésien de Segalen met en évidence la présence du voyage comme le résultat d’un
écart désirant, véritable menace de déchirure entre l’ici et l’ailleurs, soi et l’autre, soi et soi.
Cet écart aboutit, à travers une présence textuelle, à la formation d’une poétique littéraire de
la diffraction, poussant ainsi l’œuvre aux limites d’un hors-littérature. Enfin, à travers l’étude
des reportages d’Albert Londres, la thèse montre comment l’écriture du voyage trouve un
regain de force par le détour du reportage.
9
I
NTRODUCTION
10
Description:drars : « Cendrars réconcilie le verbe partir avec son histoire complexe l'œuvre de Rimbaud (La Hague et Paris: Mouton, 1967). graphie établie par Marie Dollé, Victor Segalen, Le voyageur incertain (Paris: Aden, 2008), 1880) et L'Eubage de Cendrars, dans Blaise Cendrars ou la passion de