Table Of Content:rrinité (Iy -VIII) HILAIRE DE POITIERS
L~
. ' TOME2
Avec le livre IV, t-lilaire 3borcle la deuxième partie de $on
traité lA Tn'llit~; il y démasque les hérésies ariennes ~ 1"l.Id1:
des textes de J'Ancien Testarn~nt. L~ livre y traite de la diviq
nité du Fils : il est vrai Oie\! parce qu'il a été engendré par' le
Père et non créé ex nihilo; mais, comme le prouve le ténloÎ
goage des prophètes et du Deutéronome, il n'cst pas pour LA TRINITÉ
autant un deûxième dieu â côté du Père. Au livre VI, Hilaire
rappelle qu'il est du devoir d'un évêque de combatp-e les
cl.'
hérésies Olvam dè' citer une seconde fois la leure Arius"
Alexandre J'Alexandrie et de la n::futer. Une prière, la
de
seconde de La Tn nité, dans laquelle Hilaire demande gar.,
der la foi au Père et au Fils, clôt cette première parti9 de ce
livre; la 'seconde est tout entière consacrée à aémontrer la
divinité de Jésus-Christ à partir des Éeritures. Les deux
J (LIVRES IV-VIII)
livres suivants traitent de l'upité de nature du Père et du
Fils: Je livre VII, en mOntrant, surtqut à 'partir de llÉvangile
•
de Jean. que Jésus-Christ est vrai Dieu par son nomr sa najs~
sance, Sa nature, sa puissance el ses prop~es affirmations; Je
1
livre VITI, en so'ulig\lilnt que cette unité n'cst pas silpplément
une unité de volonté, m:lis une unité de nature. Le livre
s'aèhève par la mise en -vafeur du rôle du Saint-Esprit, mani
festation de l'unité du Père et du Fils.
L1édition de cette œuvre comptera quatre tomes dans la
Collection.
M. Je20 DoIGNON (t) a été prof~5Clur à j'Univenjl~ de Besan!<On. Le
Phe G. hl.. DE DURAND (t) 2 i:1~, quant i lui, professeur il. j'Université
de Montréal. Le P~re GiI!es PELUND eSI j·ancien reclcur de 1"ll\Slirul
Pontifical Orient.v de Rome.
BR
60
,
!SUN: 2·Z(l+M)9'"
!55N : 075O-!~7'
9 l'ri., 2.9 l'
SOURCES CHRÉTlENNES
HILAIRE DE POITIERS
LA TRINITÉ
TOME Il
(LIVRES IV-VlII)
TEXTE CRmQUE PAR P. SMULDERS
TRADUCTION ET NOTES
m.
G. M. de Dut:and Ch. Morel ct G. Pelland
LES ÉDITIONS DU CEltF, 2'1 Bd Luour.Maubour" Paris 7'
2000
La publication de cet ouvrage a hé préparée avec le concoun
AVANT-PROPOS
de l'Institut des. Sources Chrétiennes ~
(UMR 50)5 du Centre NatWnal de la Recherche Scientifique)
Les livres IV-VIII, rédigé$ un peu plu$ tard que I-III (cf.
Introduction II ; SC 443, p.48-49) constituent une pre
mière unité dans la série des livres IV-XII où Hilaire
FOROHAM
entend réfuter en détail l'hérésie arienne. La doctrine de
UNIVERSrr" ,
ces cinq livres s'oppose directement à la «profession de
LIBRAAv ' foi" d'Arius dans sa Lettre à Alexandre d'Alel\:andrie;
celle-ci est traduite deul\: fois (IV, 12-13; VI, 5-6).
BRONX, NI
L'hérétique y énonce deux affirmations principales:
ROSE HilL
1. Dieu est unique, seul inengendré, seul éternel, il est
« monade et principe de toutes choses.; 2. Le Fils est
engendré par une décision de la volonté de Dieu avant les
siècles, mais non coéternel; il est une «créature .. , plus
parfaite sans doute que touteS les autres, mais", il n'était
pas avant qu'il naquît".
Hilaire va contredire ces deux affirmations erronées par
deux autres, conformes à la foi de l'l!glise :
1. Le Père est éternellement Père; la «naissance. du
Fils n'est pas l'effet d'une décision de sa volonté, mais une
communication totale de sa divinité le mystère ineffable
j
de cette naissance entraîne son « unité de nature" avec le
o Père;
Les Éditions du Cerf, 2000
ISBN; 2-204-06439-4 2. Puisque le Fils est «Dieu né de Dieu,., le. Père n'est
ISSN; 0750-1978
pas un Dieu solitaire, une «monade,. - terme qu'Hilaire
• •
AVANT·PROPOS AVANT·PROPOS
rend en latin par unio! -; en outre, le Fils ne fail pas nombre Quant au livre VII, il est ainsi présenté: .. Pour avoir l'in
avec lui: il n'y a qu'un seul Dieu. Ces deux affirmations telligence du mystère de la foi parfaite, c'est le premier et le
constituent comme le leitmotiv des livres IV-VIII. plus important. (VII, 1). Hilaire y revient en effet avec plus
d'insistance sur l'unité de nature emre le Père et le Fils, sur
Le livre IV est une première démonstration, encore som
tout d'après l'l!vangile de Jean.
maire mais déjà contraignante, des deux affirmations de la
foi: Le livre VIII, où Hilaire veut écrire en évêque. pieux et
1. le Fils est éternellement engendré pu le Phe ; S:l.vant., reprend et eonfirme la doctrine des livres précé
2. le Père Ct le Fils sont un seul Dieu. L'argumentation denu, surtout celle du livre VII. Il s'agit de contredire la
est uniquement basée: sur des tates de l'Ancien Testament. doctrine des arien! qui, en définitive, veulent· que Je Père
ne soit point Phe, le Fils ne soit point Fils, Dieu ne soit
Le livre V est une reprise approfondie du livre précédent,
point Dieu, la foi ne soit point la foi,. (VIII, 2). lb refusent
mais il l'examen des textes de J'Ancien Testament Hilaire
en effet l'unit~ de nature et n'admettent que l'unit~ de
ajoute ici une connrmation pu S. Paul et S. Jean.
volonté et de sentimenu. Hilaire rectifie l'interprétation des
Le livre VI est motivé par l'urgence de la réfutation de textes bibliques .a.llégués dans ce sens. 11 revient ensuite sur
l'hérhie, caf ellc: sc répand dans toutes les provinces de l'unité de nature, manifestée par les paroles du Fils en son
l'Empire. Hilaire s'attache à démontrer la divinit~ du Chri!t existence humaine: .. Tout ce qui est au Père est à moi,.;
cn se basant sur les l!pÎtres de Paul et l'l!vangile de Jean. Paul confirme en Col 2, 9 : • En lui habite corporellement
toute la plénitude de la divinité· (VIn, 53-56).
1. OUIlles LiuelIIV-XI, Je terme molWik en fréquemment utilisl pour
""ifI
..n d", le lenne employé pu Hil";",. Cme uaducti(>n ne doit pu
surprendre 1.1KI ..... mais appelle un. nplication. Le tUrne "Jlio .ert 10u·
tou .. daN le Dt Trinj"'le l désip!tr Dieu comme abwlurrKnt unique et
.ms,
solitaire: dana la tectre d'Ariw Cf: .cnne Cil d'abord employé pou.
qualifier la doctrine de Sabclliul :" qui "nifl"nn (grec: m ...... u) diuidil .,
puis uni allusion il S.belliul pour cara~riscr le Dieu unique en opposi
tion au MonoB~nc: • Scd sicut "nio tl principi"m .. mnÎl,m <srec: monas
"TC»
i.i p .... rôlI) sic Dcut ante OIlUl;" es!. (IV, Il; VI, 6). V"ifI ne peu'
frança;.
M nadu .11 pM" union. car ct terme a un RIIJ plU! génénl;
pu conue 1. terme rn(},..,k csl enm d.alll 1• .-ocabulairc philo5Ophique
pour désigner la l'ngulml.! d'un être en W1t qu'unique CI incommun;·
ubl.; SOn urili"lion 011 donc !~itim. pour rendre 1. lenne .... io. Cf.
p. Smuid .... I .. du. u,eo/t,gic-s (CCL 62 A, p. 7(0); l'm. . mn,,n,, .orb&-
"lm (ibid., p. 740) compte .l-4 oc:currcnccs da ... l'ouvnge.. D'autre pan,
Hilaire distingue nplicitcmem .. "io et ...o ù • .- .. .... ionm. dnt:lunles, .. ni·
t"rem diu;nitati. len.mus • (VI, Il).
TEXTE
ET
TRADUCTION
LIBER QVARTVS LIVRE IV
ENGENDREMENT ÉTERNEL DU FILS
(PREUVES PAR L'ANCIEN TESTAMEN1)
1. Quamquam anterioribus libellis quos iam pridem
conscribsimu$ absolute cognitum c:xistimemus, fidem nos et
confcuionern Patns et Fili ct Spiritus nncei ex euangelicis
adque apostoliçis instituti, ohtinere, neque quicquam nobis 1. Les liyres précédents, que nous
Objet du livre IV
S curn hereticis posse esse commune, quippe illis diuirutatem avons écritS il Ya quelque temps déjà l,
Domini nostri ksu Christi sine modo et tiltione et metu rendent parfaitement clair - estimons-nous -, que nous
abnegantibus, tlIrnen ctiarn his libellis quaedam necessario tenons des erueignemenu évangéliques et apostoliques noue
ruerunt conpraehendenda, ut omnibus falJaciis eorum et foi et noue confession de foi au sujet du Père, du Fils et du
inpietatibus editis absolutior neret cognitio uerÎtatis. Saint-Esprit, et qu'il ne peut y avoir quoi que ce soit de com
10 Et primum cognoscendum est quae doctrinae eorum mun entre nous et les hérétiques, vu que ces derniers nient
temeritas sil quodue inrdigiositatis periculum; dehinç quid sans mesure, ni retenue, ni crainte la divinité de Noue
aduersum fidem apostolicam, cui nos congruimus, habeant Seigneur Jésus-Christ. Néanmoins il a été nécessaire de ras
sembler encore dans ces livres-ci un cenain nombre d'obser
sententiae quidue dicere c contrario soleant quaquc uerbo
rum ambiguitate simplicitati audientiuffi inludant; post- vatioN qui, en mettant au jour tous leurs sophismes et leurs
impiétés rendraient plus parfaite la connaissance de la vérité.
IS remo qua interpraetationum suarum ane ueritatem diuino 2,
rum dictoruffi uinutemque corrumpant. Et d'abord il faut qu'on $ache quelle est la témérité de leur
doctrine, le péril d'irréligion) qu'elle compone. Ensuite, en
quoi leur opinion s'oppose à la foi des apôues. avec laquelle
nous nous accordons, nous; quels sont leurs arguments
habituels en sens contraire, les équivoques verbales qui leur
servent à abuser la simplicité de leurs auditeurs. Enfin par
1. Un anain Ifmp' .'m icollir cnlrt' la rfdaction des trois premiers
quels artifices d'interprétation ils gitent la vérité et la force
h res et œil. qlli ...i vml (IV-XII). Cf. l'!nlrod., SC 4,,0, p_ 47 .......
des affirmations divines·.
2. Cf. Trin. l, U. En TriIr. l, Hiliire jnrlail de I.a • démona ~ des hiri_
tiques qll'il comb" (l, 17). Cl. 1. OP!l.T, • Hil.ari.lI' .. on Poiucn ais
Po1emiker" VigChr 27 (1913). p. 21)-216.
J. C·esl-i-di.e le d,nger d'noir lin esprÎl oil m~nq ... le respn:1 d .. of. Hil";~ rcvimt lOUVent lU' « thème: Trin. Il, J ; VII, 4; VII, JJ;
choJn de Diell. Cf. Trin. 1, 7. VIII, 10.
INSUFFISANCE ET tmLrrt DU LANGAGE "
LA lluNrrt IV, 2·'
2, Non ignoramus autem ad res diuinas expliçandas 2. Nous n'ignorons d'ailleurs pas
In5uffiJance
neque hominum e1ocutionem neque naturae humanae que, pour exposer les choses de
et utilité du langage
conparationem posse sufficere, Quod enim inenarrabile est. Dieu, ni le l:mgage des hommes ni
id significantiae alic:uius finem et modum non habet; et les comp:ln.lsons avec la réalité humaine ne peuvent suffire.
En effet ce qui est i.ndfable ne poslède ni borne ni me.<!ure
5 quod spiriule est. id a specie corporalium exemploque
diuersum est. Tamen c:um de naturis cadestibu$ sermo est, qui puisse le définir et ce qui est spirituel est d'un autre
ipsa illa quae sensu mentium continentur usu communis et ordre que les formes et les exemples cirés des corps.
naturae et sermonis sunt eloquenda: non mique dignitati Cependant, quand il est question de réalités célestes, il faut,
Dei congrua sed ingenii nostri inbecillitati necessaria, rebus en us:mt de la réalité ordinaire et du vocabulaire courant.
scilicet uerbisque nostris ea quae et sentimus et inteUegimus eJ:primer le.<! notions qui SOnt l ia dimension de notre intel
10
locuturi, ligence - notions qui ne sont pas accordées, bien sûr, à la
Adque hate, sicut primo libello testati sumus, nunc dignité de Dieu, mais nEcessaires à b débilité de notre esprit.
quoque idcirco commemorata a nobis sunt, ut wm aliquid C'eu-l·dire que nous devrons parler au moyen de choses et
ex humani! conparationibus profere mus, non secundum de mOtS qui sont nôtres de ce que nous ne percevons ni ne
15 naturas corponles de Dea sentire credamur nec passionibus comprenOIl$.
nostris spirÎ(.alia conparare. sed potius rerum uisibilium spe Et cela. de même que nous en avions poné témoignage au
ciem ad intellegentiam inuisibilium protulisse. premier livre l, nous le rappelons maintenant. Ainsi, lorsque
nous avancerons quelque comparaison empruntée ault réa
J. Aiunt namque heretici non ex Dea esse Christum, id lités humaines. on n'ira pas croire que nous nous représen
est Filium non ex Patre natum, neque Deum ex natura sed tons Dieu 1 la façon des êtres matériels ou mettons le spiri
\
ex constitutione esse: adopcionem scilicet eius in nomine, tuel sur le même plan que ce qui nous :affecte, alors que nous
quia sicut plures Dea filii ita et hic filiw sit; dehinc libera- avons bien plutôt mis en avant la forme des réalités visibles
liratem in dignitate, quia sicut dii plures sint iu et hic Deus pour donner une idée des invisibles.
5
sit; indulgentiore umen in ea et adoptionis et nuncupatio
nis adfcctu, ut et prae ceteris sit adoptatuS, et :ldoptiuis aliis J. Les hérétiques disent cffceti
Erreur des hérétiques
sur le Christ vemem que le Christ n'est pas issu
de Dieu - entendons que le Fils
n'est pas né du Phe et n'est pas non plus Dieu par nature,
1. Hibin aquis.u au pnrtmr Livn: une ana.l)'$" du dpwniJ_ de l';". mais par constitution. 1 savoir par une adoption Z qui lui
tcllige,,", d>m;lwlllOO objn par-deli lu ~taù<'>ns et lu wor.:cpu :lutait fait obtenir ce nom. Car celui-ci serait fils de Dieu
q .. '~lIe peur former: l, l-a, 11·1l, '1-19. Cf. l'Intmd., SC «J, p.1B.al.
comme il y en a beaucoup qui le sont. Et ensuite par une
P. Smuid .... a noct un cmain pa"jlBiJme l et: propos cnu.: Hilairc et
EusNx d'tmbc. H~ toutefois est moilll Mplir qu'EuRbt: (~EusH.e~, libéralité qui lui aurait fourni 5:l dignité - car celui-ci serait
p. 183.184); On OOflSultcnl ou ..i MOlDCHIN1, ~ Lin"",ggio., p.119-115. Dieu comme il y en a beaucoup pour l'être. L'indulgence
1. En riduiunt 10 filiation par oatutt a la filiation par adoption, ils assi
aurait été toutefois plus vive il son égard qu:mt à l'adoption
miknt le Fils MO""fjblc lw: a-nturu. Cf. Trin. V,}>J. On consul!= il cc:
et 1 l'appelbtion, si bien qu'il aurait été adopté avant les
fTOPO' la "",e imponantc de Fltu o. GIori., p. !SI, n. 71.
" LA TRINn1: IV, , ... lNTERPRÊTAll0N DES HÉRF:nQUES "
maior ipsc Sil filiis, et excellentius cunelis naluns creatus autres et serait plus grand que les autres fils adoptifs, qu'il
. . .
creantns Ipse ceten, praestet. aurait été créé plus excellemment que touS les êtres et l'em
le Aiunt etiarn quidam eorum Dei omnipotentiam wnn- ponerait sur le. autres créatures.
tentes in similitudinem eum Dei' çreatum et ex nihilo ut Certains d'entre eux. prodamant la toute puissance de
b
cetera in aeterni iIIiU$ ereatoris sui imaginem consticissc. Dieu, déclarent même qu'il a. été créé pour être fa la ressem
uerbo uidelicet de non extantibus iussum esse subsisterc. blance de Dieu ', qu'il a. I!:té constitué, comme tout le reste:,
1
Deo potcntc similirudinem sui ex nihilo coaptare. fa panir du nbnt·, pour être l'image de son Crbteur éter
nel. Auucment dil, que d'un mot il aurait reçu l'ordn:: de
4. Quin etiam id adiciunt, eum urous llubsuntiae Pltrem venir li l'eristence i partir du non-être, Dieu pouvant bien,
esse et Filium audiunt ab anterioribus episcopis praedica fa partir du néanl, agencer un être qui lui soit semblOlble.
rom, ut id subtiliter pet speciem hereticae opinionis infir
ment, dicentes cos uerbi huius significanonem, id est .. uniU5 L ' é' ... Qui plus esl, ils ajoutent ce qui
substantiae .. quo<:! graece homousion dicitur, hoc sensu e~r ~;;rpr t~tlon suit, quand ils entendent dire que
S
usurpue adque e10qui umquam ipse sit Pater qui Ct Filius, e m01m1n l'unité de substance entre le Père et
ex infinitate uidelicct sua protcnsu$ in uirginem, ex qua cor le Fils a été prêchée par des évêques d'Olutrefois. Afin
pus adsumens sibi in co corpore quod adsumpsit Fili nomen d'ébn.nler subtilement cette idée sous couleur qu'elle est
Olddident. Et haec quidem de homousion eorum falsitas hérétique', ils disent que çes évêques utilisOlient dOlns leurs
prIma est. discours le mot qui indique cette unité de substance - en
10
Sequens illa est quod adfirment id enuntiationem homou grec homousios de façon fa lui faire signifier que le Fils
l -
sii significue, quod lei antenoris adque altenus communio était aussi, identiquement, le Père. Autrement dil, fa partir
de son infinité, il se sen.it étendu ~ jusque dans la Vierge,
3. a. d. Gen.. 1,26 b. d. Il Maoç. 7, 2a dont il aurait assumé 1 un corps, et il se serait donné fa lui
même de surcroît le nom de Fils en çe corps qu'il Olurait
1. Hilaire fi! ~fb-I ~ li doctrine lUivant l:.quelle le fils lenit une cr&·
nm: que Il toule'puÎU:an« de Die\! • YO\IJuc • KmbJ.bJc. (borrwio,) JU assumé. Oui, tel est leur premier mensonge Olu sujet du
Père (e A,,,,,, Il , PL 10, 61S~ Cl. J'lrnrod., SC 40, p. 127.IH; consubstantiel.
SIMONETIT, Crili .n..IW, p. 24S·246; ~ propœ d'AuIe""" combattu par Le second, le voici ' : énoncer le consubstantic:l, ~rment
Hihirc, ii. p. 380-383.
ob;en;o ... ils, c'est indiquer qu'il existe une réalité a.ntérieure différente
2. Suiyent t...m lU • coruul»tantid • "",ho. Dans la pR-
miHe, le mot impliquerait une doctrine sabellienne. De bit, le aVlLit
IDO(
tû co~ au Concile d'Antioche cn 2", mais le Concilc visait &Ion la 4. Pulcr de Père ct de Fib S<'raÎt pnk.-de d('ll>: haut du mbnc. Aprb
cr. S,...
doctrine de Plul de Samocatc. Il ct " (PL la, 534 ct S)I). avoir J\lbt.isti S<'\II, k p~" • K prolongerait. cUn. un bomme rui ....... une
3. Cf. l'introd., SC 40, p.IS·91 ct 119·124. ComlM ]'obsernit TIOUycUe ~ d'uÎsttr. Cr. Trin. 1, 16.
Smulden.le mot bcImo-sjoJ n'en clIIPloyl quc daN dnu: puugcs dc Tri1r.. S. . ... U$Umi. , WI mot-clef d.CI Hilaire pour aprimtr l'lno;un,tion.
(IV, 4-6 ; VI, la); cUn. les deux c .... "niquement pour le défend", conue Cf. Trin. l, \1 ; DotGNQN 19S1; VAcc.uJ, A""",~ione.
des obj«tionJ (SMt1I.Dus, DocrriItf, p. 242). Co~" certtÎnJ mdroiu du 6. Suiyatll Il S<'eOndt objmion, \'bomo..,.o, SlIpposer.U1 J'oÎslenCe
premier tome, noua ayons »opIO! l'OI'thognphc bomoMSio. 1 la suite d'Ilne IIIbsWJ« aot&ieurc a" Père n au Fils ~ bqudle ils partiCiperaitnL
d'Hihin: pl ... tôt q\IC la tn.IIKfipUon du vec bomoo .. ';"J (d. J'lnuod., SC Anut imp ... wt cau en-eur ~ Hiérachu. a. Trin. l, 2S; IV, 12; SJI'I. 68;
441, p. 187). 82;" (PL 10, ~lS-S26; 53~-Sl6).
" LA TRlNrrt IV, .-S INTERPRt"rATlON DES HtRtnQUES "
Sil duobus et urnquam prior subsbntia uel usia materiae ali des dC'U)[ et commune entre eUJ:, comme s'il y avait C'U une
cuius extilerit, quae particip:n2 duobus ct in utroque première substance ou .. ousie _, d'une matière donnée, dont
lS consumpta utrurnque ilium et rururae anurioris et rei esse les deux participeraient, que touS deux assimileraient, et
teStcNr unius. Adque idcirco inprobare te homousii :.Uunt dont l'existence attesterait qu'ils sont deux d'une
tOUS
confessionem, quod enuntiatio cius neque Filium a Patrt nature antérieure à cux et faits d'une réalité unique. Et voilà
distinguat, et posteriorem Patrem materia quae sibi eum pourquoi, di5ent-ils, ils condamnent la .co.nfe5llion ~u
Pilio sil communis ostendat. consubstantiel: l'afflTffier ne permet pas de dlstmguer le Ftls
20 Tertio quoque hanc inprobandi homou!ii cauum !;Om' du Père et de plus présente le Père comme postérieur à une
miniscunrur, quod sccundum uerbi huiu$ signincationem ex matière qui lui est commune avec le Fils.
diuisione paternae suhstantiae esse Filius wsumetur : tarn Une troisième raison qu'ils imaginent pour condamner le
quam desectus ex en fuent iu ut in duos sit res una diuisa ; consubstantiel est que ce mot est censé indiquer que le Fils est
et ideo substanciae dicantur unius, quia portio desecta de issu d'une division de la substance du Père: ce serait comme
u toto in nanll'a ea sit undc desecta est; nec poUt in Deum s'il avait été découpé en lui de teUe 50rte qu'une réalité unique
caduc diuisionis passionem, quia et demutabilis erit, si aurait été divisée en deux. Et l'on parlerait de leur unité de
inminutioni per diuisionem fiat obnoIius, et inperfeau5 substanCe précisément parce qu'une portion déœupée dans un
efficieNr, perf«uonis 5Uae in portionem alteram d«edente rout est de la nature de ce dont elle a été découpée. Or Dieu
substanua. ne uurait subir une division, car il serait aussi soumis au chan
gement s'il était passible de diminution par division, et il
5. Necnon in eo se e1eganter doctrinae profeticae sed et deviendrait imparfait dès lors que sa substance le quitterait en
euangelicae adque apostolicae posse existimant contraire, Ut panie pour aller faire la perlection d'un autre
1.
Fili natiuitatem intra tempora praedicent. Cum enim uitiose
s,
a nobis adserant dici Filium semper fuisse, n«dlse est adu- Il est encore un autre point sur lequel ils estiment dis
~ dendo quod 5emper ruent natiuitatem eius confiteantur a poser d'une solution élégante pour aller à l'encontre de ce
rempore. Si enim non semper fuit, erit tempus quo non fuit. qu'enseignent les prophètes comme les bangélUtes et les
Et si est tempus quo non fuit, erit ante eum tempus, quia apôtres. C'est celui de la naissance du Fils, qu'ils prêchent
qui non semper est esse coepit ex tempore. Qui autem çaret avoir eu lieu dans le temps. Selon eux, en effet, nous avons
tempore, non poteu eo carere quod semper est. Respuere se tOrt de dire que le Fils a toujours existé; il faut bien, dès
10 autem id quod semper Filius fuerit ob eam cauum adfir- lors, cela étant exclu, qu'ils confessent une naÎssance en un
moment du temps. Car s'il n'a pas toujours existé, il y aura
eu un temps où il n'existait pas. Et s'il y a un temps où il
n'existait pas, c'est que le temps aura existé avant lui, ur ce
qui n'existe pas toujoun a commencé d'exister en un
moment du temps. Celui en revanche qui manque de rap
1. Daru la troiai~me objection, l'homo..m.. ,uppottnit I.Ln~ division de
port avec le temps ne peut manquer d'être toujours. S'ils
1.'I.Lbcu.nce dI.L Pùc en dC'\l1 paru dont aI.Lcune ne ler,Ut parfaite. Cf. Trin,
Il,.; Il,8; Il, 11; Il,20; Il, 22. répudient, d'autre part, l'idée que le Fils ait toujours été,
LA TlUNm! IV. 5-6 LA FOI DE l'~GlISE
mant, ne per id quod semper fuit sine natiuitate esse creda c'est, :affirment-ils, dans la crainte que, du fait qu'il a tOU
tur : tamquam per id quod semper fuisse dicitur innascibi jours été, on ne croie pas à sa naiss.ance, parce que déclarer
lis praedicerur. qu'il a lOujours été équivaudrait à ellclure pour lui toute
naissance
1.
6. 0 stultos adque inpios merus et inreligiosam de Dea
sollicirudinem ! Ha«: quae in homousü signi6catione et in
La foi de l'tglise 6. Quelles peurs srupides et impÎes et
eo quod semper Filius esse dicitur arguuntur, ecdesia abo comme ceue inquiétude au 5ujet de
minaNr eJ:puil damnat. Nouil enim unum Deum ex q.o Dieu manque de resp«:t! Ce qu'ils c.:ritiquent dans l'emploi
3 omnia, nouit et unum Dominum nostrum lesum Chrisrum du terme « consubstantiel ,. et dans l'affmnacion que le Fils
per q.em omnilt", unum ex quo et unum per quem, ab uno a toujours existé, l't glise l'a en horreur, le répudie, le
uniuersorum originem, per unum cunctorum creationem. In condamne. Elle connait en effet un seul Dieu « de qui vien
uno ex quo auctoritatem innascibilitatis intellegit, in uno per nent toutes choses .. ; elle connait aussi un seul Jésus-Christ
quem potestatem nihil differentem ab auctore ueneratur: Notre Seigneur, .. par qui sont toutes choses'" - un seul de
lCl eum ex quo et per quem ad id quod Creatur in his quae qui tout vient et un seul par qui tOUt est: de l'un l'univers
creata sunt communis auctorita.t Sil. Nouil in Spiritu Deum tire son origine, par l'autre l'ensemble des êtres est créé. En
Spiritum inpassibilem et indes«:abilem : didicit enim a celui de qui tout vient, elle perçoit la va.leur de principe de
Domino Spirit.i Cllrnern et ossa non eue b, ne forte cadere l'innascible l, en celui par qui tout est, elle vénère un pou
in eo corporalium pa.tsionum detrimenta credantur. Nouit voir qui ne diff~re en rien de son principe. Car celui de qui
15 unum innascibilem Deum. Nouit et unigenitum Dei Filium. tout vient et celui par qui tout est ont, pour ce qui est de
Confitetur Patrem aeternum et ab origine liberum. créer, commune va.leur de principe à l'égard des êtres qui
Confitetur et Fili originem ab aeterno : non ipsum ab initia, sont créés. Elle connaît en l'Esprit un Dieu Esprit ) impas
sed ab ininitiabili; non per seipsum, sed ab l'la qui a nemine sible et indivisible : elle a en effet appris du Seigneur qu'« un
semper est; natum ab aeterno, natiuitatem uiddicet ex esprit n'a pas de chair et d'os b,., de crainte que, d'aventure,
20 paterna aeternitate sumentem. Caret eego fides nostra here on n'aille croire que l'esprit subit le dommage d'aff«:tions
tiae prauitatis opinione. Edita namque est sensus nostri corporelles. Elle connait un seul Dieu inengendré, elle
connaît aussi un Monog~ne Fils de Dieu. Elle confesse un
a, Père éternel, exempt de toute origine, elle confesse aussi unc
6. il. T Cor. 6 b. Le 24, 19
origine du Fils dès l'éternité. Non que ce Fils ait eu un
1. Cf. Trin. XII, Il,21 et 29.
commencement, mais il est issu de celui qui est sans com
cr. p.m,
2. lt,rwriJJilius, Trin. Il, 16: SMvt.ous.~, n. 14;
LtillAIlA, • DiOl Pad~ " p. «l, 1\. 10. mencement i non qu'il soit par lui~même, mais il est issu de
"Dli.e Cue n'QI que d~ J'~p.;.cqu'on U"OUYC 1. wnnaisslnœ ct le m<;uJrc celui qui est toujours sans être issu de personne. Il est né
qui HI Eoprit Vn ", 2l-24). Cf. T ..... Il, li; LAD ......... E.,;rw., dès l'éternité, étant donné qu'il prend naissance dans j'éter
P. US: .-oir J'lntrod., SC "" , p. 71-82.
nité paternelle '.
~. Hilai~ fv;l~ dans T ...... les ambiguïlé que wmporuit IOn ln M.n~
nocarnmtfll CI\ 16, 4 (SC 2S8, p. SO-32). Cf. Swuu:l1!U, Docrrin~, p. 77-80; Il n'y a rien, par conséquent, dans notre foi de la dépra
LAOAllA, • DiOl Padre., p.46l. n.19. vation des opinions hérétiques. Effccuvement, les idées que