Table Of ContentVOL. 10 No1 août-septembre 2012
« L’Armandie,
une communauté tricotée serré »
Anonyme
Le Festiv’Art tricote FreLighsburg
Ça tricote et Ça fricote en armandie
T
andis que le Festiv’Art de Frelighsburg endimanche son vil- ppaaggees 3 5 à 7
lage de tricots multicolores (allez voir ça dès le 16 août) et que
les Québécois s’apprêtent à aller voter, plein d’autres choses se
un avant-goût en photos
“tricotent“ et se “fricotent“ en ce moment même un peu partout
dans les coulisses de l’Armandie. Des initiatives de toutes sortes qui
ont le potentiel de changer la vie des gens d’ici, de modeler le déve-
loppement de la région. Parlons-en, débattons-en, puisque c’est grAymont tricote un grAnd pArc
nous que ça concerne. C’est à cela que sert ce journal… votre journal.
Saisissez-vous-en! Soutenez-le! Devenez membre! (voir page 5)
pages 10-11-12
Mailles, Mailles, Mailles… les arMandoises
pages 14-15
tricotent pour le Festiv’art
Guy Paquin
Marie-Hélène Guillemin-Batchelor
Les tricoteuses de Saint-Armand
LA coop nous tricote des services
ont passé beaucoup de temps à
préparer divers projets de tricot- de sAnté
graffiti qui orneront Frelighsburg durant
le Festiv’Art, qui revient cette année
après une interruption d’un an causée
par les travaux qui avaient cours dans or
hel
le village. Lorraine Pullen, la chef trico- atc Dossier santé
B
teuse de Saint-Armand, a eu une belle min- page 2 à 4
idée : décorer un des trois gros arbres de uille
la municipalité de Frelighsburg. ne G
è
Hél
Suite en pages 6 et 7 Marie-
Danielle Roy et Lorraine Pullen Claude Montagne, François Renaud, Éric Madsen et
Pierre Lefrançois
la coop santé BedFord et région, vous connaissez ?
Le grApp tricote une reLève AgricoLe
Premier volet d’un dossier du Saint-Armand
sur les services de proximité en santé
Dossier santé
Collaborateurs : Claude Montagne, François Renaud
pages 10-11
et Pierre Lefrançois
Mathieu Voghel-Robert
F
in mai dernier, avait lieu la deuxième
assemblée générale annuelle de la
Coop Santé Bedford et région. Cette
JeAn cAmeron (1926-2012)
rencontre aura permis aux membres pré-
Knitter oF pALLiAtive cAre concept
sents de mesurer l’importance du travail
accompli au cours de la dernière année par
les membres du conseil d’administration de
cette coopérative de solidarité qui devrait
bientôt prendre vie. C’était également
pages 8-9
l’occasion de prendre conscience du chemin
qu’il reste à parcourir avant que la coop soit
prête à ouvrir ses portes. urez
o
e F
Suite en page 3 Pierr Sandy Montgomery
n-
Jea
1
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Quand la gyMnastiQue se Fait douce
Dossier santé
Une rencontre avec Claire Rose de Saint-Ignace-de-Stanbridge
La rédaction
laire est depuis toujours passionnée par la danse. Cherchant quelque chose qui puisse la mener à une conscience cor-
C
porelle plus complète et relaxante, elle s’adonne à la gymnastique douce depuis 1981. Après avoir suivi une formation
au CERA (Centre d’étude et de recherche en antigymnastique), où elle a pu explorer le travail de Bertherat et Mézières,
deux sommités dans ce domaine, elle suit une formation en massothérapie, puis elle fonde son école de danse et de gymnas-
tique douce dès 1983. Dans le cadre des cours et activités organisés par La Station communautaire de Saint-Armand, elle offrira
de nouveau, cet automne, des ateliers de gymnastique douce. Le Saint-Armand l’a rencontrée afin d’en savoir davantage sur
cette approche.
Le Saint-Armand. Qu’est-ce qui caractérise la gymnas- SA. On nous a dit que vous donniez également des
tique douce? En quoi cette approche diffère-t-elle cours de Brain Gym® dans les écoles primaires de
de la culture physique classique? la région. Qu’est-ce que c’est?
Claire Rose. Le plus important, c’est de proposer aux CR. C’est une technique proposée par le Dr Paul Den-
élèves d’apprendre à être à l’écoute d’eux-mêmes et nison et son épouse Gail. Il s’agit de mouvements
à respecter leurs propres limites. C’est une approche assez accessibles qui sont étudiés en kinésiologie. Ils
qui est plus évolutive que performante. Ce que l’on visent à disposer l’esprit à apprendre adéquatement,
recherche, c’est le développement personnel, à tra- à mettre le cerveau en état d’apprentissage. Chez
vers l’écoute et le plaisir d’habiter son corps. Bref, les enfants, cela peut aider à contrer les troubles
le processus d’évolution lui-même est plus important de l’attention dont on fait grand état de nos jours
que l’atteinte de la performance. Autrement dit, tout en raison du mode de vie moderne qui sollicite très
est une question d’attitude et d’engagement envers intensément le cerveau et système nerveux. J’intègre
soi. Qu’est-ce que je vise en prenant ce cours? Est- certains de ces mouvements à mes cours de gym-
ce que je veux une musculature qui ressemble aux nastique douce afin de permettre aux participants
images projetées dans les magazines? Ou est-ce que de détendre leur cerveau et de les disposer à mieux
je veux me donner la chance de me sentir mieux apprendre. J’ai aussi produit un DVD de mon cours
dans ma peau, tout en respectant mon rythme pour pour aider les élèves à pratiquer à la maison. C’est
y arriver? Parfois, ce sont les gens eux-mêmes qui se un support mais ça ne remplace pas la dynamique
mettent de la pression pour « performer ». J’essaie d’un cours. Si vous êtes curieux et que vous désirez
plutôt de créer une ambiance relaxante où il est pos- travailler votre tonus musculaire et vos étirements,
sible de dédramatiser l’apprentissage en se permet- sans pression, il vous est toujours possible d’essayer
tant de rire. l’activité en communiquant avec Lise Bourdages du
SA. Vos cours s’adressent-ils aux hommes aussi bien Comité de la Station communautaire de Saint-Ar-
qu’aux femmes? mand (450-248-7654), au début de septembre pour la
session qui débutera vers la fin septembre.
CR. Bien que les cours soient ouverts aux hommes
aussi bien qu’aux femmes, depuis 28 ans, j’enseigne
surtout à des femmes parce que, il faut le recon-
naître, les hommes sont peu nombreux à s’intéresser
à ce type d’activité, ce qui est bien dommage. Après
tout, eux aussi ont le droit de se respecter et d’abor-
der l’activité physique par la douceur.
CONSEIL D’ADMINISTRATION PETITES ANNONCES
Le Saint-Armand est membre de :
Éric Madsen, président Coût : 5 $
Jean-Yves Brière, vice-président Annonces d’intérêt général : gratuites
l’Association La coalition Richard-Pierre Piffaretti, secrétaire-trésorier
des médias écrits commu- Solidarité rurale Réjean Benoit, administrateur Nicole René (coordonnatrice)
nautaires du Québec du Québec Nicole Boily, administratrice 450-248-2828
Sandy Montgommery, administrateur
Nicole René, administratrice PUBLICITÉ
COMITÉ DE RÉDACTION Marc Thivierge
Pierre Lefrançois (rédacteur en chef), Marie-Hélène 450-248-0932
Guillemin-Batchelor, Nicole René coordonnatrice
COLLABORATEURS POUR CE NUMÉRO: Jean-Pierre Lise Rousseau
Fourez, Marie-Hélène Guillemin-Batchelor, Pierre 450-248-2386
P h i l o s o p h i e Lefrançois, Éric Madsen, François Marcotte, Sandy
Montgomery, Claude Montagne, Guy Paquin, Marie- ABONNEMENT
En créant le journal Le Saint-Armand, les membres fondateurs s’engagent, sans aucun intérêt person- Carole Pinard, Christian Guay-Poliquin, Johanne Ratté, Coût : 30 $ pour six numéros TIRAGE
nel sinon le bien-être de la communauté, à : François Renaud, Marc Thivierge. Faites parvenir le nom et l’adresse du pour ce numéro :
• Promouvoir une vie communautaire enrichis- • Lutter pour la protection du territoire (agri- RÉVISION LINGUISTIQUE : Paulette Vanier destinataire ainsi qu’un chèque à l’ordre et à 7000 exemplaires
sante à Saint-Armand. culture, lac Champlain, sécurité, etc.) RELECTURE D’ÉPREUVES: Josiane Cornillon, Nicole René, l’adresse suivants :
• Sensibiliser les citoyens et les autorités loca- • Donner la parole aux citoyens. Jean-Pierre Fourez.
les à la valeur du patrimoine afin de l’enrichir • Faire connaître et apprécier Saint-Armand GRAPHISME ET MISE EN PAGE : Johanne Ratté Journal Le Saint-Armand
et de le conserver. aux visiteurs de passage. IMPRESSION: Payette & Simms inc. Casier postal 27
• Imaginer la vie future à Saint-Armand et la • Les mots d’ordre sont: éthique, transparence DÉPÔT LÉGAL: Bibliothèques nationales du Québec et Philipsburg (Québec)
rendre vivante. et respect de tous. du Canada J0J 1N0
• Faire connaître les gens d’ici et leurs préoc- OSBL: n° 1162201199 Le Saint-Armand reçoit le
cupations. COURRIEL: [email protected] soutien du ministère de la Culture, des
Communications et de la Condition
Articles, letters And Announcements in english Are welcome. féminine du Québec
Le Saint-Armand est distribué gratuitement dans tous les foyers de Saint-Armand, Pike River, Bedford, Bedford Canton, Notre-Dame-de-Stanbridge, Stanbridge
Station, Stanbridge East, Saint-Ignace-de-Stanbridge, Dunham et Frelighsburg
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Le Saint-Armand. VOL. 10 N˚1 AOÛT-SEPTEMBRE 2012
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la coop santé BedFord et région, vous connaissez ?
(suite de la une) Dossier santé
Claude Montagne, François Renaud et Pierre Lefrançois
En juillet 2011, les faire élire au CA du CSSS de à se prononcer sur deux modi-
membres du conseil la Pommeraie ; grâce à lui, la fications aux règlements de ré-
Au Québec, on estime que, entre 2006 et 2051,
d’administration ont coop reste informée des activi- gie interne que recommandait
choisi monsieur Jean-Patrick tés qui se déroulent à la table le conseil d’administration. La la proportion des 65 ans et plus aura doublé,
Lebœuf à titre de coordonna- de recrutement ainsi qu’à la première, qui a été adoptée à celle des 75 ans et plus triplé, et celle des 85
teur de la coop et d’agent de table du réseau du CSSS La l’unanimité, consistait à faire
ans et plus, la cohorte dite du 4e âge, quintu-
développement en partena- Pommeraie en matière de re- passer le coût de la part sociale
riats. Ses honoraires seraient crutement de nouveaux méde- de qualification des membres plé. Parmi les pays développés, seul le Japon
assurés par une subvention de cins. utilisateurs de 70 $ à 10 $, de
présente une évolution démographique plus
la Conférence régionale des À Bedford même, les adminis- manière à permettre à un plus
grand nombre de personnes de rapide que celle du Québec. Il pourrait nous
devenir membre de la coop. La être fort utile, à brève échéance, d’observer ce
seconde, également adoptée
qui s’y passe présentement
à l’unanimité, visait à abro-
ger l’article 4.2, lequel se lisait
comme suit : « Le territoire ou
bref parallèle entre les socié- cours de premiers soins des-
le groupe de recrutement de la
tés québécoise et japonaise : tinés aux enfants. La plupart
Coopérative est Bedford et ré-
nombre de médecins per capita des coopératives organisent
gion, donc les municipalités si-
à peu près similaire ; à quelques des fêtes de la santé en plein
tuées dans un rayon de 16 kilo-
mois près, une espérance de air où les membres se rendent
mètres à vol d’oiseau. » Le fait
vie égale… À cette différence pour s’amuser, se rencontrer…
d’abroger cet article limitant la
près que la santé des Japonais et passer divers tests médicaux
élus (CRÉ) de la Montérégie- trateurs ont rencontré à plu- zone de recrutement permettra
décline rapidement dans les six dans une ambiance festive !
Est. Sa première tâche aura été sieurs reprises les médecins et aux patients qui font partie du
derniers mois de leur vie, alors De nombreuses coops pro-
d’animer le kiosque d’informa- le personnel administratif du Groupe de médecine familiale
que le Québécois moyen passe posent des conférences sur le
tion de la coop à l’exposition Centre médical et profession- (GMF) de Bedford et qui sont
les six à huit dernières années thème de la santé et une ky-
agricole de Bedford. Ladite nel afin de les inciter à s’asso- membres de la coopérative de
de sa vie dans un état de santé rielle d’activités qui, toutes, ont
coop s’est dotée d’un logo et a cier au nouveau projet de coo- demeurer membres utilisa-
lamentable… Cherchez l’er- la particularité d’avoir la santé
fait imprimer un dépliant pro- pérative. Ces rencontres auront teurs, même s’ils devaient dé-
reur ! comme dénominateur com-
motionnel, lequel décrit les rai- permis d’en arriver à un accord ménager pour habiter hors de
mun : club d’exercices ou de
sons de sa création et résume de principe avec les médecins cette zone.
marche, cours de cuisine pour
clairement sa mission. Équipé de la clinique et de mieux cer- Malgré un travail ardu (et
Pour le docteur Gélinas, cette hommes, clubs d’échanges
de ce matériel promotionnel, ner les besoins des praticiens plusieurs approches auprès
différence marquée entre l’état intergénérationnels, clubs de
les administrateurs et le coor- et de leur personnel en matière d’organismes de la région et
de santé des Japonais et celui futurs ex-fumeurs, etc.
donnateur ont par la suite d’aménagement et de mise à d’élus municipaux), le nombre
des Québécois relève en bonne Au terme de la conférence du
rencontré plusieurs regroupe- niveau de leurs locaux. Ces de membres reste faible: seu-
partie de l’action remarquable docteur Gélinas, il est clair que
ments auprès desquels ils ont discussions préliminaires ont lement dix nouveaux depuis
des coopératives de santé au les membres de la Coopérative
entrepris de vanter les mérites mené à la création d’un comité une année, pour un total de 64
pays du Soleil levant. Tout de solidarité santé de Bedford
de l’organisme : regroupement de localisation dont le mandat membres en règle au moment
d’abord, ces coopératives ont et région avaient compris que
des gens d’affaires de Bedford consiste à analyser, rechercher de l’assemblée générale. Cela
une approche globale, en ce leur aventure ne faisait que
et région, table de développe- et recommander le choix d’un semble peu, mais l’expérience
sens qu’elles ne s’attachent pas commencer et qu’elle devait
ment des organismes commu- édifice susceptible d’offrir un des autres coopératives de
uniquement à prodiguer des dépasser, et de loin, le simple
nautaires du pôle de Bedford, lieu de travail plus propice à santé ayant vu le jour au cours
soins de santé, mais qu’elles maintien des acquis médicaux
Popote de la région de Bed- l’exercice des médecins actuels des dernières années indique
agissent également en amont, actuels. Imaginer les moyens
ford, journée de la santé de la tout en offrant cette petite que les adhésions affluent dès
sur les conditions propices au de croître, vivre et vieillir en
Caisse populaire Desjardins touche « d’originalité supplé- que la coopérative ouvre ses
maintien de la santé. Dans ce excellente santé… Voilà le
de Bedford, souper de Noël mentaire », susceptible de sé- portes.
contexte, le credo partagé par défi que devront relever les
de la FADOQ, Maison de la duire de nouvelles recrues et
une large majorité des coopé- membres au cours des pro-
Famille des Frontières, Centre de les convaincre de venir pra- Une conférence
ratives de santé nippones se chaines années.
d’action bénévole de Bedford tiquer la médecine à Bedford.
inspirante
et région, etc. Ce comité a actuellement
Au cours de l’année qui vient comme mandat de négocier
1) bâtir une collectivité axée
de s’écouler, les administra- une entente de collaboration En conclusion de son assem-
sur la vie saine – veiller sur Charte des droits et devoirs des
teurs auront également visité formelle avec les médecins blée générale annuelle, le
la santé de la collectivité;
pas moins de cinq autres coo- qui pratiquent à l’actuelle cli- conseil d’administration de patients des coopératives de san-
offrir un réseau régional de
pératives de santé – Saint-Isi- nique, de travailler au mon- la Coopérative de solidarité té au Japon
soins de santé, de médecins
dore, Pointe-du-Lac, Rox- tage financier devant mener à santé Bedford et région avait • Droit de savoir
et d’aide sociale; maintenir
ton Pond, Acton Vale et l’acquisition d’un bâtiment et invité le docteur Bernard Gé- • Droit de décider
un milieu de vie adéquat,
Pierreville – afin d’en observer de planifier les rénovations qui linas, membre fondateur de • Droit à la confidentialité
confortable et sain;
le fonctionnement et recueil- mèneront à la création d’une deux coopératives de santé en • Droit d’apprendre
lir quelques précieux conseils toute nouvelle clinique à Bed- Outaouais, à prononcer une • Droit de recevoir des soins
2) promouvoir la santé et la
qui pourraient leur faciliter la ford. « En ce qui concerne l’ac- conférence intitulée PLACE médicaux
coopération entre les gens;
tâche. quisition d’un bâtiment, pré- ET DÉFIS DES COOPS • Devoir de participation et
Ils ont également été très actifs cise la présidente du conseil SANTÉ : des communautés de coopération
3) opter pour des soins de
au niveau du recrutement de d’administration, madame saines pour des individus en
santé facilement accessibles
futurs médecins. D’abord, ils Gnocchini, nos démarches santé.
à tous.
ont animé un kiosque d’infor- sont très avancées, mais, pour
mation à la Journée Carrière des raisons d’affaires, nous S’inspirant de l’expérience ac-
Québec destinée aux résidents devons, pour le moment, rester quise en 2007 et en 2010 à titre Dans le prochain numéro du
en médecine et, en novembre, très discrets quant au choix du d’observateur du fonctionne- décline en trois volets : Saint-Armand, le second vo-
ils ont participé à la rencontre bâtiment, l’identité des bail- ment des coopératives de santé Cette philosophie globale let de ce dossier fera le point
semestrielle de la Fédération leurs de fonds et les conditions au Japon, le docteur Gélinas s’incarne dans des activités di- sur le degré d’avancement du
des coopératives de services à de financement. Cependant, s’est appliqué à tracer l’histoire verses qui dépassent, et de loin, projet de coopérative et pré-
domicile et de santé du Qué- sitôt que ces démarches seront de la naissance des coopéra- la simple fourniture de soins sentera divers aspects intéres-
bec, à laquelle la coop de complétées, nous réunirons tives de santé dans ce pays, à médicaux. Pendant qu’un pe- sants relatifs aux succès et aux
Bedford avait adhéré le mois nos membres pour les infor- en résumer la philosophie et à tit groupe de parents reçoit, misères d’autres entreprises de
précédent. Sur un plan plus mer en détail de notre propo- souligner les leçons que nous, par exemple, des informations ce type au Québec.
stratégique, ils ont également sition et recueillir leur appro- Québécois, pourrions en tirer. de base sur l’hypertension, le
soutenu la candidature de bation. » Et pour démontrer l’intérêt diabète, le tabagisme ou la
leur collègue, monsieur Ke- Après ce résumé des activités d’un tel exercice, le conféren- ménopause, la direction orga-
vin Craft, lequel a réussi à se de l’année, les membres ont eu cier a commencé par tracer un nise dans un local voisin des
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travailleurs de rang Dossier santé
Éric Madsen
Depuis un certain temps déjà, on parle de détresse agricole. Devant le succès d’une telle initiative, des orga-
Tout comme le travail- physique et psychologique chez les agriculteurs. nismes comme le CSSS (Centre de santé et services so-
Après avoir identifié les facteurs venus alourdir la ciaux) et le CLD (Centre local de développement) se sont
leur de rue, le travail-
tâche des familles agricoles, tels que les changements cli- joints au projet. En priorisant la santé, l’ACFA fait le lien
leur de rang a pour rôle
matiques, les contraintes réglementaires, la concurrence entre ceux qui ont besoin d’aide et ceux qui veulent aider.
d’entrer en relation
des marchés mondialisés, la rareté de la main-d’œuvre, Tout comme le travailleur de rue, le travailleur de rang a
avec les personnes les nouvelles technologies, le surendettement chronique pour rôle d’entrer en relation avec les personnes ayant be-
ayant besoin de soutien et les difficultés de la relève, on ne s’étonnera pas que, au soin de soutien là où elles se trouvent. Il valorise la justice,
bout du compte, cela se traduise par de multiples aban- l’égalité, la dignité humaine et la solidarité. La nature de
là où elles se trouvent.
dons de fermes. Alors que les générations d’agriculteurs son travail favorise le dépistage des situations probléma-
précédentes jouissaient du respect et de l’estime de la tiques, privilégiant une approche individuelle qui aidera
population, le capital de sympathie envers le monde agri- les personnes concernées à trouver une solution durable.
cole a fondu comme beurre Sous la supervision d’un formateur, le travailleur de rang
dans la poêle. Ajoutez à cela devient vite un maillon essentiel dans sa collectivité et se
la cohabitation, parfois diffi- trouve aux premières loges quand vient le temps de saisir
cile, des exploitants agricoles la dynamique du milieu rural dans lequel il gravite. De
et des urbains venus s’installer concert avec les conseillers en développement rural, il
à la campagne, et vous avez un contribue à la mise sur pied de projets rassembleurs visant
début d’explication de l’accu- à permettre à la communauté de se prendre en main. La
mulation de stress qui conduit formation de liens significatifs au sein de la communauté
à cet état de fait désolant: le est fondamentale tant au niveau culturel et social qu’éco-
taux de suicide est deux fois nomique. Au final, c’est tout le village qui y gagne.
plus élevé dans les familles Voilà une belle initiative qui mérite d’être soulignée et
agricoles que dans l’ensemble encouragée. En effet, les producteurs (trices) agricoles
de la population. accordent souvent plus d’attention à leurs terres et à leur
C’est pourquoi Maria ferme qu’à leur propre santé, chose que nous oublions trop
Labrecque Duchesneau, di- souvent.
rectrice fondatrice de l’orga- L’hiver prochain, l’ACFA offrira une formation sur me-
nisme Au Cœur des familles sure présentant l’approche du travailleur de rang, le pro-
agricoles (ACFA), a mis au ducteur agricole et sa famille ainsi que le milieu agricole,
point le concept de « travail- et montrant à quoi ressemble une communauté rurale en
leur de rang », inspiré de celui santé. Elle s’adresse aux travailleurs sociaux et à toute per-
du « travailleur de rue », une sonne en relation d’aide désirant connaître le milieu agri-
approche préventive et proac- cole et s’y intégrer.
tive. Depuis une dizaine d’an-
nées, elle agit comme interve- Renseignements : 450-460-4632
nante psychosociale en milieu
Saint-Armand Philipsburg Pigeon Hill Bedford Bedford Canton Dunham
Frelighsburg Mystic Pike River Notre-Dame-de-Stanbridge Saint-Ignace-
de-Stanbridge Standbridge East Standbridge Station Saint-Armand Bedford
Saint-Armand Philipsburg Pigeon Hill Bedford Bedford Canton Dunham
Frelighsburg Mystic Pike River Notre-Dame-de-Stanbridge Saint-Ignace-
de-Stanbridge Standbridge East Standbridge Station Saint-Armand Bedford
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communautaire au service des gens d’ici. Alain Lacoste Nom : ___________________________________
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Bedford
• promouvoir une vie communautaire
________________________________________
enrichissante ;
• promouvoir la protection et le Tél. : _________________
développement harmonieux du territoire ;
Courriel : ________________________________
• sensibiliser les citoyens et les autorités
locales à la valeur du patrimoine afi n de
Veuillez faire parvenir votre chèque à :
l’enrichir et de le conserver ;
• donner la parole aux citoyens ; Journal Le Saint-Armand
Case postale 27
• faire connaître les gens d’ici et leurs
Philipsburg (Québec) J0J 1N0
préoccupations.
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le Festiv’art 2012
Art et recyclage
Marie-Carole Pinard
Le Festiv’Art se recyclera assembleront divers objets de village de Frelighsburg. Les de style loyaliste situé au 46, tentation d’y ajouter quelques
lors de la fin de semaine façon à suggérer une histoire enfants de l’école ont vaillam- rue Principale. créations de leur cru.
de la Fête du travail. offerte à l’interprétation, où ment produit une quantité in- Grâce à la participation des Renseignements :
En effet, du 31 août au 2 sep- chacun pourra se raconter. nombrable de pièces de toutes membres du Club de l’âge d’or www.festivart.org
tembre, le village de Frelighs- Pedro Mendoça et Amielle sortes afin de recouvrir le pont de Frelighsburg et du Cercle
burg célébrera les arts visuels Doyon-Gilbert, quant à eux, situé au cœur du village. des fermières de Bedford, les
sous le thème Art et recyclage. transformeront des matériaux De plus, les trois arbres cente- visiteurs auront droit à d’autres
Avis aux intéressés et aux cu- de construction en figure ani- naires qui se trouvent devant surprises. Certaines pièces
rieux! Ils pourront se prome- male. Lagaan, Daniela Pellis l’Hôtel de Ville seront emmail- seront même présentées par
ner sur la populaire allée, qui et Maurice Ferland nous per- lotés par les enfants de l’école des personnes de l’extérieur
réunira vingt artisans, et sur la mettront de voir des objets – qui ont produit à cette fin de la région qui, ayant eu vent
célèbre promenade le long des et matériaux ordinaires d’un plus de 2 000 pieds de tricotins du projet, n’ont pu résister à la
rues de Frelighsburg, qui ras- autre œil, en rendant visibles – ainsi que par les tricoteuses
semblera près de 100 artistes. leurs qualités plastiques ou de Saint-Ar-
Des sculptures seront érigées formelles, lesquelles nous mand et les
sur la place de l’Hôtel de ville échappent habituellement. citoyennes
tandis que le Centre d’art de Une super nouveauté ! de Frelighs-
Frelighsburg présentera une burg. Un
exposition collective d’œuvres Cette année, le Festiv’Art , autre groupe
réunissant huit artistes autour (dont la porte-parole est Laure de Frelighs-
Waridel) présente le tricot- bourgeoises
de la thématique Art et recyclage.
graffiti, en collaboration avec livrera éga-
Ces artistes partagent une
les Ville-Laines, un groupe lement un
même conception du pro-
d’artistes se démarquant par poème bro-
cessus de création, qui met
cette activité. Au départ, ce dé sur fond
l’accent sur l’assemblage et le
projet se limitait aux enfants de laine.
collage d’objets ou de maté-
de l’école élémentaire Saint- Sans parler
riaux ayant déjà été utilisés. Ils
François-d’Assise et aux des Sutton-
les recueillent pour les appor-
membres de leur famille, mais naises, qui
ter sur le terrain de l’art et de
il a vite fait des adeptes par- se rassem-
l’imaginaire, et en faire des
tout dans la région. À compter bleront pour
composantes de leurs œuvres.
du 16 août prochain, les bouts recouvrir
Ainsi François-Xavier Cham-
de laine récupérés par tout un de tricot les
berland, Brigitte Norman-
chacun se mouleront donc à colonnes de
din et Geneviève Guénette
différentes structures dans le l’immeuble Pedro Mendoça
Campagne de ReCRUTemenT
Courez la chance de gagner deux prix
en devenant membre du journal ou en renouvelant votre carte de membre
Un billet pour une séance d’équitation
d’une heure au Centre équestre de la Une entrée gratuite sur le site de l’autofest,
ou
Sam à Bedford à la date de votre choix à le dimanche 2 septembre
compter de la mi-septembre
5
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Tricot-romantico-é colo
reporTage eT phoTos de Marie-hélène guilleMin-BaTchelor
Deux grands bras tricotés vont entourer
l’immense tronc pour lui faire un gros
câlin. Comme l’explique Lorraine, « Hug
a tree today », c’est-à-dire « embrasse un arbre,
aujourd’hui » est un magnifique symbole. Il signi-
fie : remercie les arbres de leur puissante énergie,
sens leurs racines qui nous relient à la terre et vois
comme ils se tiennent droit, dignement. Pour faire
ce câlin à l’arbre, nous avons tricoté tour à tour un
grand châle, d’où sortiront deux longues mains. Ce
châle s’appelle le châle de l’amitié. Chacun des rangs
a été tricoté en pensant à quelqu’un qui a besoin de
réconfort. Son symbole est : chaleur, confort et com-
munauté. Le châle mesure 10 pieds de long étant
donné la taille de l’arbre.
D’autres symboles se retrouvent dans le choix des
couleurs du châle. Lorraine a choisi des laines de
divers bleus représentant ciel, mers et lacs. Mélan-
gées à des laines de différents verts qui rappellent
les montagnes, les arbres et la végétation. Au centre
du châle, un autre symbole : un grand cœur rouge
tricoté avec amour par Danielle Roy.
TricoT-folie
Quant à Velma Symington, elle a patiemment trico-
té un jeu de dames avec ses pions que l’on ira décou-
vrir quelque part dans Frelighsburg dès le 16 août.
« Hug a tree » le projet des tricoteuses de Saint-Armand
Jeannette Gagnon, de Dunham, a, pour sa part,
tricoté une page blanche sur laquelle est écrit (au
tricot) une citation. À vous de la trouver dans le vil-
lage qui deviendra, pour un temps, le plus tricoté du
monde!
J’ai fait ma contribution… en tricotant des pétales,
des feuilles et des tiges pour faire un « Marché aux
fleurs » qui va décorer la fenêtre des Sucreries de
l’érable. Les membres du Cercle des fermières de
Bedford ont patiemment cousu ensemble des carrés
tricotés en une joyeuse courtepointe qui, je l’espère,
trouvera une belle place dans le village.
Et avec tout ce que les enfants de Frelighsburg ont
« tricotiné », ainsi que les nombreuses pièces desti-
nées à décorer le pont, il faudra sûrement plusieurs
visites pour tout admirer.
Quelle belle fin d’été en perspective!
Le Cercle des Fermières de Bedford et leur participation au Tricot-Graffiti du Festiv’Art
Les enfants de l’Écol-o-
village de Frelighsurg qui
ont réalisé 60960 cm de
tricotins
Un bouquet de fleurs tricoté par Marie-Hélène
Guillemin-Batchelor
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Franziska Geiser, Marie-Carole Pinard et Johanne Ratté juste avant l’assemblage des pièces de tricot L’immense boule de tricotins réalisés par les enfants
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Jean vera caMeron, 1926 - 2012 Dossier santé
Sandy Montgomery
Jean Cameron was world famous for her pioneering work received a note of encouragement from Mother Theresa – one
in developing the hospice care movement, having been that instructed Jean that suffering was a gift from God. It took
instrumental in setting up the palliative care unit at Mon- Jean much time and contemplation to gain an understanding
treal’s Royal Victoria Hospital, one of the first. She wrote a no- of this apparently incredible declaration.
table book, published in many languages. The National Film I once spoke to her of my excitement in having discovered
Board recorded a 1980 interview, which focused on her remar- Viktor Frankl’s book, Man’s Search for Meaning. Dr. Frankl
kable spirit for getting the most of life when crippled by disease. was an Austrian psychoanalyst who survived the Nazi death
Jean, a long-time resident on Charles Street in Philipsburg, died camps and was notable for his pioneering work in psychiatry.
during February. To her neighbours, she was a quiet, thought- Jean knew Viktor Frankl. Viktor Frankl might have boasted
ful, dignified lady who often had too many cats around her that he knew Jean Cameron. Dr. Frankl, on a visit to Montreal
house. Everyone knew she was seriously ill and continuously for professional meetings, asked the local organizers where he
incapacitated by cancer since before 1980. Day by day, for might find Jean: he didn’t want pass through Montreal without
over thirty years, she was aware that death could be imminent. meeting this incredible woman.
Many were the occasions when she suffered setbacks that were She wrote a little gem of a book – A time to live, a time to die –
likely to be fatal. She survived. that sold widely and in many translations.
Although incapacitated, Jean Cameron continued her work The National Film Board filmed an interview of her in the
from home by telephone, providing comfort and peace to hun- 1980’s, which you can view on line.
dreds of patients facing death from disease. She had an extra- If you do an Internet search on her name, you will find Jean
ordinary gift for connecting with people, rooted in her willin- Cameron’s name and words in catalogs of inspirational quotes,
gness to listen and comfort. Who else could be so effective as a including this gem:
skilled social worker who daily confronted the very possibility Honest Listening is one of the best medicines we can offer the
of her own death? dying and bereaved.
The following is extracted from my eulogy to Jean Cameron at I was not among those who knew Jean best; there are several
the recent memorial service in Saint Paul’s Church in Philips- among you here who were very much in her circle of intimates.
burg. Let me tell you what I appreciated about Jean.
Forgiving – bore no malice in her heart to scoundrels who had
How can we explain the deaths of the good and innocent? criminally cheated her or otherwise done her harm.
How can we rationalize the injustice of chronic disease? In his A friend to the underdog, the marginalized, and the isolated.
book Why Bad Things Happen to Good People, Rabbi Harold Think of Fritz and Sam, two struggling alcoholics of the streets
Kushner, whose young son succumbed to a rare disease, sha- of Philipsburg. Jean would invite them on her porch for long
red his struggle to understand undeserved suffering. He found friendly chats. If one of them was in prison for a spell, she
no comfortable answers, thoughtfully discussing and rejecting would see to it that their pets would be cared for. There was
classic answers, such as the idea that God has a hidden purpose a lonely lady in Philipsburg who Jean called daily over many
that we cannot and need not understand, or that suffering is a years, just to remind her that somebody cared about them.
test or a lesson. Lover of animals – her cats. Having caught a house mouse in a
Rabbi Kushner says he found peace of mind when he gave up live trap, Jean was known to put food out for them after relea-
the idea that everything that happens to us is caused by or is sing them in her garden.
purposely allowed by God, or that everything happens for a Keen gardener. In her final years, as a resident at a senior’s
reason. It is futile and foolish to expect the consequences of home, she would plant bulbs in locations outside the home
natural forces and human nature to conform to our notions of when no one was looking.
fairness. God, he says, doesn’t send us the problem. He gives Jean was dutiful, resilient, cheerful, hopeful, tolerant, tireless,
us the strength to cope with the problem. habituated to hardship, and generous.
Jean, she had her adversities: chronic sickness, and the deaths Jean was exceedingly generous – of her time, of her attention,
of those closest to her. She did indeed cope and she was an and of her financial resources. Some of us might tell her that
inspiration to those who knew her and that circle numbered in she was a bit of a soft touch when giving to people who saw
the hundreds. her as an easy mark. I think she knew that to try to filter out
Jean was born in England and raised from infancy by grandpa- the unworthy claimants from the deserving, she risked failing
rents, her mother having died. It was a rude shock to the young to provide for someone in real need. Her giving expected no
Jean when her father she did not know showed up with a new reciprocity.
wife to take Jean off to live with them. Jean was distressingly What she principally gave was herself and her undivided atten-
uprooted. tion when you were in her presence.
Jean’s fiancé died in military service during the Second World Many go through life cultivating a circle of acquaintances of
War. She got on with life and met someone new, a doctor. He prestige to enhance their self-image. Jean sought out those
also died quite suddenly. who were ignored or shunned.
Jean needed a fresh start. She came to Montreal to visit her She cultivated the art of living in the moment. In an interview
friend, Louise Macfarlane, and never left, making a career as a she declared:
social worker on the wards at the Royal Vic. It was over thirty I have time to appreciate things in a way I never did before. The
years ago when Jean detected a lump in her breast, which was first time I noticed this was quite soon after I was told I was
diagnosed as cancer. It metastasized over time to her lungs, to going to die. It was early spring and there was the last unex-
her brain. She knew she was going to die. pected snowfall of the season. I looked out the window at the
It was miraculous that Jean lived 30 years as a cancer patient – snow and I felt this tremendous urge to rush outside. I stood
and for very long, very sick and incapacitated. in the snow and felt and saw the snowflakes drifting down on
I cannot speak of her professional career as a pioneer in pal- me and it was a beautiful experience. I was enjoying it in a way
liative care – we were simply neighbours here in Philipsburg. I never had before and somehow this registered in my mind.
I do know she was world-famous in her professional circle. She I can still remember that particular day very vividly. I think of
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it sometimes when things are going very wrong or something is Viktor Frankl has written:
distressing me. I remember that it was something special and The experiences of camp life show that man does have a choice
you see, if I hadn’t had cancer, and I hadn’t known I was going of action. There were enough examples, often of a heroic na-
to die, I wouldn’t have given that snowstorm a second glance. ture, which proved that apathy could be overcome, irritability
suppressed. Man can preserve a vestige of spiritual freedom,
Indeed, we may be seeing our way to understanding the enig- of independence of mind, even in such terrible conditions of
matic quote: Suffering is a gift from God. psychic and physical stress.
Jean had learned to see, to listen, to be attentive, to be focused We who lived in concentration camps can remember the men
on the experience of each day. When I think of Jean I think of who walked through the huts comforting others, giving away
the words of Hymn 2 of the Anglican hymnbook: their last piece of bread. They may have been few in number,
Redeem thy misspent moments past but they offer sufficient proof that everything can be taken
And life this day as if thy last from a man but one thing: the last of the human freedoms –
to choose one’s attitude in any given set of circumstances, to
Jean said of misfortune: choose one’s own way.
I don’t know why I have cancer. To me it is still, in a sense,
unfair. But then again, as I always say, what is fair and what Jean Cameron chose her way, and is an example for all of us.
is unfair. We never say that all the joys and happiness we enjoy
are unfair. It’s only the bad things and all our lives are a mix-
ture of both.
Jean on her appreciation of nature:
I love being in the country. I feel very strongly there a part of all
life and I look at nature …how I love the flowers and the trees
and the animals and so on and I see both life and death there in
very simple terms. And I see an enormous order in all this. You
see that the leaves die in the autumn and then it’s a resurrection
again in the spring and you see in nature nothing really dies.
Nothing is wasted… It’s all transformed and I feel very strongly
there’s a counterpart in the spiritual life too, that we see perhaps
in our own religion that nothing is wasted and there is an order
in everything.
When asked what are our responsibilities to a friend or relative
who is dying:
The most important thing you can do for them is to let them
know that you care. Many people are afraid to approach
someone who is dying, because they are embarrassed. They
don’t know what to say. It doesn’t matter what you say. It mat-
ters that you care. Once we know that someone cares for us,
that is the most important thing of all.
How can you maintain hope? Here are you with this termi-
nal illness. You know you are going to die soon. Where is the
hope?
Hope does not die. Hope is something that changes from time
to time through the different experiences that one has. At the
beginning of the disease I did hope that it would not spread.
But it did. Now hope has to be something different.
She was once asked why she planted flower bulbs by the hun-
dreds in the autumn when the chances of seeing them flower
were slim. She declared that as long as someone got to enjoy nny
Re
them, that would be satisfaction to her. aelies
G
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BanQue de terres
À la manière d’un « slow dating ».
Mathieu Voghel-Robert
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Mat
Maxime Girouard-Lapointe jette un dernier coup d’oeil à ses choux tandis que Leslie Carbonneau du Grapp discute avec le propriétaire Bernard Bélanger.
Depuis cette année, il « C’est un besoin naturel. au Québec. La MRC confec- Les obstacles sont nombreux : « Il faut être millionnaire pour
y a du nouveau dans L’accès à la terre est difficile, tionne un plan de dévelop- « baisse des revenus agricoles, acheter des terres ici », lance
les rangs de votre affirme le conseiller en déve- pement de la zone agricole endettement sans précédent en souriant Maxime Girouard-
région. Il ne s’agit pas de télé- loppement rural du centre lo- (PDZA) et mandate le Groupe des agriculteurs, difficulté Lapointe, jeune agriculteur de
réalité pour trouver l’amour, cal de développement (CLD) de réflexion et d’action sur de transférer les fermes à la Dunham. L’activité touristique
mais c’est tout comme. Le but de Brome-Missisquoi, Pierre le paysage et le patrimoine relève », indique le rapport est un moteur important pour
du projet : jumeler des pro- Genesse. Je pense que ça va (GRAPP) pour la réalisation Pronovost. « Pour l’ensemble la région, mais elle exerce des
priétaires de terres inutilisées marcher ». d’une étude exploratoire. Elle de la MRC, le nombre total pressions sur la ZA. La volonté
et des agriculteurs qui s’en est menée par Jocelyn Darou, de fermes a diminué de 33 % d’utiliser le territoire à d’autres
cherchent. La MRC de Brome- Les prémisses du projet se des- chercheur à l’UQAM, afin de dans les 25 dernières années », fins et la conversion de maison
Missisquoi (BM) met en place sinent au lendemain du dépôt faire l’inventaire des différents souligne M. Darou dans son en résidences secondaires par
une banque de terres pour va- des différents rapports (Oui- outils pour favoriser l’accès à étude. des néo-ruraux aisés dopent
loriser la zone agricole (ZA) et met, Pronovost, St-Pierre) la terre. les prix des terres. « La valeur
favoriser la relève. sur l’avenir de l’agriculture
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